Livret A : ce que cache le gel du taux à 3 %

Alors que le gel du taux du Livret A s’est achevé le 31 janvier 2025, l’économiste Nicolas Delourme révèle que ce placement n’est jamais totalement exempt de prélèvements obligatoires. Comment préserver son épargne efficacement ?

Très populaire auprès des Français, le Livret A compte aujourd’hui plus de 57 millions de titulaires, avec une moyenne de 7 077 euros déposés par épargnant selon la Banque de France. À cela s’ajoutent 5800 euros en moyenne sur les 26 millions de LDDS. Ce succès repose notamment sur sa rémunération nette d’impôts et de cotisations sociales. Cependant, selon Nicolas Delourme, auteur du rapport « L’argent de votre Livret A est-il encore garanti ? », ce produit d’épargne ne serait pas totalement à l’abri de tous prélèvements obligatoires.

Depuis février 2023, le taux du Livret A est resté gelé à 3 %, alors que son calcul réglementaire aurait dû porter le rendement à 3,3 %, puis 4,1 %, 3,9 % et enfin 3,1 % selon les périodes. Ce gel, prolongé par le ministre Bruno Le Maire pour une durée totale de deux ans, a entraîné une perte substantielle pour les épargnants français. Ainsi, entre février 2023 et janvier 2025, un placement de 1 000 euros aura généré 60,97 euros d’intérêts contre 73,39 euros prévus initialement. Le manque à gagner peut atteindre environ 285 euros pour un Livret A au plafond (22 950 euros).

Pour Nicolas Delourme, ces décisions gouvernementales représentent indirectement un prélèvement obligatoire sur les intérêts, puisque les épargnants reçoivent moins qu’ils ne le devraient selon la formule officielle. Il estime ainsi que « les épargnants français doivent prendre conscience qu’en plaçant toutes leurs économies dans le Livret A et le LDDS, en réalité ils s’appauvrissent ! »

Afin de limiter cette érosion naturelle du pouvoir d’achat, il conseille aux particuliers de restreindre leur placement sur le Livret A aux seules liquidités nécessaires pour faire face aux imprévus tels qu’une panne de voiture ou le remplacement d’un appareil électroménager. « Le reste gagnera à être placé, par exemple sur de l’or physique qui, bien que non garanti face à l’euro, se révèle beaucoup plus rentable sur le long terme. » précise-t-il. Une réflexion nécessaire pour que les Français puissent préserver durablement leur pouvoir d’achat, malgré un contexte économique parfois défavorable.

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