Assurance habitation : un défi majeur à La Réunion

À La Réunion, territoire exposé aux aléas climatiques extrêmes, la question de l’assurance habitation est plus que jamais cruciale. Pourtant, selon Dominique Robert, directeur général de l’Union financière d’assurance (UFA), environ 30 % des logements ne sont toujours pas assurés. 

Dans un contexte marqué par le dérèglement climatique et la multiplication des événements météorologiques violents, la question de l’assurabilité dans les territoires ultramarins devient un enjeu majeur.

Une assurance habitation non obligatoire mais essentielle

Contrairement à l’assurance automobile, l’assurance habitation n’est pas une obligation légale pour les propriétaires à La Réunion. Seule la responsabilité civile est imposée, permettant de couvrir les dommages causés à autrui. Cependant, en cas de sinistre majeur, l’absence de couverture peut entraîner des pertes financières irrémédiables pour les habitants.

Dominique Robert rappelle l’importance d’être couvert : « Si un pot de fleur tombe du balcon et blesse un passant, la responsabilité du propriétaire ou du locataire peut être engagée. » Cette réalité souligne la nécessité pour les Réunionnais de souscrire une assurance habitation pour se prémunir contre des risques imprévisibles.

Une prise de conscience progressive mais encore incomplète

Si la proportion de logements non assurés demeure élevée, les acteurs du secteur constatent une amélioration progressive. La prise de conscience des risques s’intensifie, notamment grâce aux campagnes de sensibilisation et à l’intégration automatique d’une garantie catastrophe naturelle dans les contrats multirisques habitation (MRH).

Cette couverture devient essentielle alors que les phénomènes climatiques extrêmes, tels que les cyclones, les inondations et les submersions marines, se multiplient sous l’effet du changement climatique. Mais encore faut-il que les habitants y souscrivent pour être protégés efficacement.

Le rôle des professionnels de l’immobilier dans la couverture des logements

Les professionnels de l’immobilier jouent un rôle clé dans la promotion de l’assurance habitation. Thibault de La Raitrie, secrétaire général de la Fédération nationale de l’immobilier Océan Indien (FNAIM OI), insiste sur la responsabilité des agences immobilières : « Nous veillons à ce que les propriétaires et locataires renouvellent leurs assurances. Dans certains cas, nous pouvons même souscrire une assurance pour un propriétaire récalcitrant et lui en facturer le coût. »

Les bailleurs sont donc incités à souscrire une assurance pour garantir la sécurité de leur patrimoine immobilier. Toutefois, les locataires disposent de peu de recours lorsqu’ils sont confrontés à un propriétaire non assuré, ce qui renforce la nécessité d’une meilleure réglementation.

Des indemnisations longues et un coût en hausse

En cas de catastrophe naturelle, les délais d’indemnisation peuvent s’étendre sur plusieurs mois. « L’évaluation des dommages et les expertises prennent du temps. Les dossiers les plus graves sont traités en priorité, ce qui peut retarder certains remboursements », explique Thibault de La Raitrie.

De plus, les primes d’assurance habitation augmentent régulièrement, notamment pour compenser la hausse des sinistres climatiques. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la taxe sur la garantie catastrophe naturelle a été relevée de 12 % à 20 %, aggravant le coût des assurances pour les propriétaires et locataires.

Un impératif face à l’intensification des risques

La montée des risques naturels pose également la question de l’assurabilité à long terme des territoires ultramarins. Dominique Robert souligne cette problématique : « Aujourd’hui, les assureurs s’inquiètent de la fréquence et de l’intensité croissantes des catastrophes naturelles. La question de la viabilité de l’assurance habitation dans certaines régions se pose. »

Les experts s’accordent sur un point : ne pas souscrire d’assurance habitation représente un risque considérable. « Ne pas s’assurer, c’est prendre le risque de tout perdre », avertit Dominique Robert. Dans un contexte où le changement climatique amplifie les phénomènes extrêmes, la couverture assurantielle devient une nécessité vitale pour les Réunionnais.

Thibault de La Raitrie conclut : « Ce n’est parfois que lorsque l’on perd tout que l’on réalise combien il est important d’investir quelques dizaines d’euros par an dans une assurance habitation. »

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